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La communication

 

Communication orale

Développement du langage oral – enfant entendant

Pour un enfant entendant, la mise en place de la communication orale se fait naturellement, par imprégnation des paroles qu’il entend prononcer autour de lui.

Sur le plan perceptif, l’oreille est fonctionnelle dès la naissance. Le bébé peut localiser une source sonore puis à partir de la 3ème semaine de vie, son attention se focalise sur la voix humaine et en particulier la voix de sa mère. Entre 6 et 10 mois, le nourrisson va acquérir la faculté de se retourner vers une source sonore. Il aime les jouets sonores. Il est sensible aux intonations de la voix, au rythme et à la mélodie de la parole. Il comprend le « non » avant l’âge d’un an. Vers l’âge d’un an, il réagit à son prénom. Vers l’âge de 2 ans, il montre sur ordre et vers l’âge de 36 mois comprend des histoires courtes.

Sur le plan des productions orales, le bébé émet des cris dès la naissance qui vont se transformer en vocalisations (gazouillis, aaa..euh) entre 2 et 4 mois. Puis, il va commencer à babiller  et à prendre plaisir à répéter certains sons (pa, ma, papapa…) entre 6 et 10 mois. Les premiers mots apparaissent entre 10 et 16 mois. Le « non » apparaît vers 18 mois. Il commence à associer deux mots entre 20 et 26 mois (sujet-verbe : papa-parti). Le langage s’enrichit beaucoup entre 2 et 3 ans. Le « Je » est utilisé vers 3 ans, souvent avant.

Communication gestuelle et non verbale

Communication non verbale – enfant entendant sans trouble visuel

La mise en place de la communication avec l’entourage utilise en fait tous les sens : audition, vision, toucher, odorat, goût. Le bébé voit le visage humain dès les premiers jours (pendant la tétée). Il reconnaît l’odeur du lait de sa mère et sa peau. Le sourire est présent très rapidement et peut être provoqué par des stimulations extérieures entre 2 et 8 semaines. Il devient intentionnel vers l’âge de 2-3 mois et prend valeur de communication.

La communication non verbale précède la mise en place du langage oral, le bébé répondant aux stimulations (jeux d’imitations réciproques entre la mère et le bébé par exemple..). Le nourrisson est  très sensible aux mimiques (désignation, approbation, interrogation, surprise…) et aux gestes.

Aides visuelles à la communication – patient sourd sans trouble visuel

Lorsque un sens est déficitaire, le patient crée de nouvelles stratégies pour communiquer en utilisant les sens fonctionnels à sa disposition. La vision est donc une aide très souvent utilisée par les personnes sourdes.

Aides à la « réception » du message

Les personnes sourdes se placent face à leur interlocuteur et s’aident parfois de la lecture labiale. Il s’agit de la perception des mouvements de la bouche et des lèvres qui permet d’identifier visuellement certains sons de la parole. Cependant, elle peut être source de confusions car il existe un grand nombre de sosies labiaux (la forme des lèvres est la même quand on prononce pa, ba, ma). Pour améliorer cette lecture labiale, l’interlocuteur peut utiliser un code gestuel spécifique permettant de différencier les sosies labiaux. Ce code est appelé LPC Langage Parlé Complété. Les syllabes qui ont la même image labiale sont codées différemment, par un geste de la main placé près du visage lorsque la syllabe est prononcée.
L’interlocuteur peut également utiliser le Français signé (le signe est utilisé en support à l’expression orale tout en respectant la syntaxe du français oral) ou le Français Complet Signé Codé qui associe à la parole le codage du LPC et des signes empruntés au lexique de la Langue des Signes. Il est également possible à l’interlocuteur de s’exprimer uniquement par gestes, en utilisant la Langue des Signes Française (LSF). La LSF est une langue à part entière, avec ses règles, son lexique et sa grammaire, différents du français oral. Les signes résultent de la combinaison de plusieurs éléments réalisés simultanément : forme, orientation de la main, emplacement dans l’espace, direction du mouvement de la main et du corps. Les mimiques et les attitudes corporelles sont également utilisées associées au signe pour améliorer la compréhension du message.

Aides à l’expression et à la production

Le patient sourd peut s’exprimer :

  • oralement. Les patients sourds profonds sans réhabilitation auditive ne perçoivent leur voix que par les vibrations produites au niveau du larynx, ce qui explique leur difficulté à contrôler l’intensité, le rythme et la mélodie de ce qu’ils disent.
  • par gestes, soit en utilisant la Langue des Signes (grammaire propre) ou le Français Signé (grammaire de la Langue Française).
  • de façon mixte (on parle de « communication totale »), associant gestes et parole.

Aides tactiles à la communication – patients sourds et malvoyants

En cas de double handicap, il peut être difficile voire impossible d’utiliser le canal visuel pour communiquer. Une diminution de l’acuité visuelle diminue les possibilités de lecture labiale, une réduction du champ visuel gène quant à elle la vision des signes en cas de communication gestuelle.

Chez l’enfant présentant une surdité et une cécité congénitale, il peut être possible de stimuler les sensations vibratoires au niveau du dos ou du torse (prothèses Tactaid* commercialisées aux Etats-Unis). Ces prothèses sont utilisées en dernier recours en cas d’impossibilité de réhabilitation auditive.

Les patients adultes sourds profonds signant qui présentent une dégradation progressive de leur fonction visuelle peuvent faire évoluer leur communication vers l’utilisation de signes tactiles. Ceci ne permet pas une communication de groupe mais une discussion deux à deux. Cette communication passe par des signes réalisés au niveau des mains du patient. Les patients peuvent utiliser la Langue des Signes Tactile, qui présente des différences par rapport à la LSF visuelle. De nombreuses autres méthodes tactiles existent (dessin des lettres de chaque mot, une à une dans la paume de la main du patient, reproduction des signes de la LSF visuelle codant pour les consonnes et voyelles dans la main du patient, utilisation du morse ou de braille manuel…). Les techniques de codage tactiles dépendront des modes de communication prioritairement utilisés par le patient avant l’apparition des troubles visuels.

Rééducation orthophonique et double handicap

Informations pratiques pour les professionnels

La prise en charge des surdités peut nécessiter un appareillage auditif et une rééducation orthophonique pour aider les patients à tirer le maximum de bénéfice de cet appareillage, travailler la mémoire et la suppléance mentale. En cas de surdité isolée, il est également possible de travailler les autres aides à la communication (lecture labiale, aides gestuelles). Les troubles visuels peuvent perturber le déroulement de la rééducation et en modifier les objectifs (renforcer l’autonomie du canal auditif dans le calme et le bruit sans appui sur la lecture labiale par exemple).

Le Centre de Référence a réalisé une fiche technique avec des conseils pour adapter la rééducation orthophonique de patients présentant une surdité moyenne appareillée et des troubles visuels. Il est disponible pour les professionnels sur demande. N’hésitez pas à nous contacter.

En savoir plus

Pour plus de renseignements sur la surdité de l’enfant et son retentissement sur la communication, consulter le guide « La surdité de l’enfant. Guide Pratique à l’usage des parents », édité par l’Institut National de Prévention et d’Education pour la Santé, en 2005, disponible sur le site www.inpes.sante.fr
Cliquer ici pour télécharger le guide au format pdf (2,8 Mb)  

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