Syndromes oculo-auditifs

Le syndrome de Usher
Le syndrome d'Usher est une maladie hétérogène sur le plan génétique. Douze loci indépendants avec 9 gènes connus ont été identifiés et trois entités cliniques au moins ont été découvertes, USH1, USH2, USH3.
Ces trois types associent rétinite pigmentaire (RP) et surdité ; elles apparaissent à un âge variable. Bien que les différences dans les fonctions auditive et vestibulaire permettent de différencier les 3 types de syndrome d'Usher, la rétinite pigmentaire est la manifestation ophtalmique principale commune aux trois types.
Chez les patients présentant le type 1, l'affection est congénitale, s'accompagnant d'une surdité de perception profonde et d'une absence de fonction vestibulaire. En général, ils ne présentent pas de manifestation de la rétinite pigmentaire à la naissance, bien que l'électrorétinogramme soit fortement modifié et que l'ophtalmoscopie mette en évidence des dégénérescences pigmentaires de la rétine. Le type 2 se distingue du type 1 par, même si elle est moins sévère, une surdité congénitale ; la fonction vestibulaire est préservée. La rétinite pigmentaire débute en même temps que dans le type 1. Le type 3 se distingue des types 1 et 2 par un début plus tardif de la surdité et de la rétinite pigmentaire. La prévalence de ce syndrome est de 3 à 4/100 000 dans les populations européennes.
Auteurs : Pr. B. Lorenz et Dr M. Preising (mars 2004).
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Le syndrome NARP
Le syndrome NARP (neuropathie, ataxie, rétinite pigmentaire) est cliniquement hétérogène mais se caractérise par une neuropathie sensorielle, une ataxie cérébelleuse, et une cécité nocturne.
Sa prévalence est estimée à 1/12.000. Le syndrome NARP se déclare généralement chez les jeunes adultes. Les signes cliniques correspondent à une combinaison des symptômes suivants : une rétinopathie poivre et sel, une rétinite pigmentaire, des pupilles peu réactives, un nystagmus, une cécité, une faiblesse neurogénique des muscles proximaux, un retard de développement, une atrophie du tractus corticospinal, une démence, une perte auditive, des crises d'épilepsie, une neuropathie sensorielle et une ataxie. Le syndrome NARP, à hérédité maternelle, est associé à la mutation 8993T>G dans le gène MTATP 6 de l'ADN mitochondrial, codant pour la sous-unité ATPase 6. Cette mutation aboutit au remplacement de la leucine 156 hautement conservée par une arginine (L156R).
Ceci entraîne une anomalie sévère de la synthèse d'ATP mitochondrial, une réduction de l'énergie cellulaire et même la mort cellulaire, surtout dans les tissus fortement dépendants du métabolisme de phosphorylation oxydative, tels que le cerveau et la rétine. Cette mutation est également responsable de 8 à 10% des cas de maladie de Leigh, alors définie par l'acronyme MILS (syndrome de Leigh à hérédité maternelle). Le syndrome MILS représente donc le phénotype le plus sévère du syndrome NARP, et il se manifeste généralement dans les générations ultérieures (pseudo-anticipation). Le traitement est uniquement symptomatique. Les anti-oxydants ont récemment été décrits comme utiles sur la base d'expériences in vitro.
Auteurs : Drs F. Santorelli et A. Tessa (avril 2004) Traduction Orphanet.